Pendant dix-sept ans, deux technologies se sont disputé le mur de nos salons. Le plasma, né chez Fujitsu en 1997, avait pour lui les noirs profonds et les grandes diagonales. Le LCD, lui, avait les usines, les prix et toutes les tailles. En 2014, le dernier plasma sortait des chaînes de production. Autopsie d'une bataille perdue par le meilleur élève — et gagnée par le meilleur industriel.

1997 : le plasma invente l'écran plat
Quand Fujitsu dévoile sa dalle plasma de 42 pouces en 1997, l'effet est sidérant : un écran de cinéma accroché au mur, là où un tube cathodique de même diagonale pèserait 80 kilos. À 15 000 dollars pièce, c'est un objet de luxe absolu — mais la promesse est immense : chaque cellule de gaz émet sa propre lumière, offrant des noirs et des contrastes que personne n'égalera avant l'OLED.
2004-2007 : le LCD gagne la guerre des usines
Pendant que le plasma s'installe dans le haut de gamme, les industriels du cristal liquide construisent des usines géantes — des « fabs » de la taille de plusieurs terrains de football. Résultat : le prix des dalles LCD s'effondre année après année. En 2006, le LCD dépasse le plasma en volume ; en 2007, les écrans plats détrônent le vénérable tube cathodique. Le LCD existe en 15 pouces pour la cuisine comme en 65 pouces pour le salon — le plasma, lui, n'a jamais su descendre sous les 37 pouces.
2010-2014 : le pic, puis la chute
Le plasma atteint son sommet en 2010 avec environ 18 millions d'unités vendues — pendant que le LCD en écoule déjà 180 millions. La messe est dite : Panasonic, dernier grand défenseur de la technologie, jette l'éponge en 2014, suivi de Samsung et LG. Ironie de l'histoire : l'année précédente, LG lançait le premier téléviseur OLED grand public — des pixels auto-émissifs, des noirs absolus… exactement la promesse du plasma, tenue par une autre technologie.

Ce que disent les chiffres
La courbe du LCD raconte une victoire industrielle plus que technologique : de 8 millions d'unités en 2004 à plus de 200 millions huit ans plus tard, pendant que le CRT passait de 130 millions à quasi zéro. Le plasma, lui, n'a jamais dépassé les 18 millions annuels — une niche haut de gamme prise en étau entre un LCD toujours moins cher et des coûts de production impossibles à suivre. La leçon rejoint celle du duel VHS-Betamax : à qualité supérieure mais économie inférieure, on perd.
Questions fréquentes
Le plasma était-il vraiment meilleur que le LCD ?
Sur l'image, oui : noirs profonds, contraste natif, fluidité exceptionnelle et angles de vision parfaits. Ses faiblesses étaient ailleurs : consommation, poids, reflets, risque de marquage et coûts de production.
Qui a remplacé le plasma dans le haut de gamme ?
L'OLED, dès 2013 : même principe de pixels auto-émissifs, donc mêmes noirs absolus, sans les défauts du plasma. C'est aujourd'hui la référence de notre comparatif des meilleurs téléviseurs OLED.
Le LCD existe-t-il encore ?
Plus que jamais : QLED, Mini-LED… les déclinaisons modernes du cristal liquide dominent toujours le marché en volume. Notre TOP des TV QLED et notre sélection des TV LED du moment font le tri.
💡 Héritier spirituel du plasma ou champion du volume ? Pour choisir votre prochaine dalle, parcourez notre classement des TV OLED 65 pouces — le format que le plasma avait inventé pour le cinéma à la maison.