Recrutement et carrière

Interview de Fabien Pastor de Résotto Lab : Accompagner les créateurs de contenu en région : le modèle Résotto Lab

Fabien, pouvez-vous nous raconter la genèse de Résotto Lab : à quel moment vous vous êtes dit qu’il fallait créer un studio-incubateur à Rouen pour accompagner les créateurs de contenu, et pourquoi avoir choisi de miser résolument sur la Normandie...

17 juillet 2026 18 min de lecture
Interview de Fabien Pastor de Résotto Lab : Accompagner les créateurs de contenu en région : le modèle Résotto Lab

Fabien, pouvez-vous nous raconter la genèse de Résotto Lab : à quel moment vous vous êtes dit qu’il fallait créer un studio-incubateur à Rouen pour accompagner les créateurs de contenu, et pourquoi avoir choisi de miser résolument sur la Normandie plutôt que sur Paris ?

Je n'ai pas eu un déclic d'entrepreneur, j'ai eu un souvenir. J'ai toujours baigné dans l'audiovisuel, j'ai connu Twitch à sa naissance. Mais ce qui m'a vraiment marqué, c'est Eclipsia. Une webTV, l'ancêtre des réseaux sociaux quelque part : à chaque connexion, on tombait sur un streamer qu'on aimait. Un modèle novateur, pionnier sur l'esport et les jeux mobiles. Et de cet endroit sont sortis Zerator, Kameto, Valouzz, Domingo, et beaucoup d'autres.
Ce que ça m'a appris, et c'est toute la genèse de Résotto Lab, c'est qu'un créateur n'émerge presque jamais seul. Il émerge d'un endroit. Eclipsia n'a pas fabriqué le talent de ces gens-là, il l'a révélé en leur donnant un cadre, un collectif et une rampe de lancement. Des années plus tard, je me suis dit qu'il n'y avait aucune raison que cet endroit-là ne puisse pas exister à Rouen.
Rouen, ce n'est pas un repli, c'est un choix. Ça fait vingt ans que je vois cette ville évoluer, que j'y construis ma vie. Je la connais, j'y suis attaché, et je sais ce qu'elle a dans le ventre. Paris est bouché : tout le monde s'y bat pour la même place, les mêmes studios, les mêmes réseaux. Pendant ce temps, il y a énormément de créateurs à Rouen et en Normandie qui n'ont simplement pas d'endroit où aller.
Parce que c'est ça le vrai sujet : le talent n'a jamais manqué en Normandie. Ce qui manquait, c'est l'endroit.

Concrètement, comment fonctionne le modèle Résotto Lab au quotidien : entre studio de production, incubateur, réseau local et formation, quels sont les principaux leviers que vous activez pour permettre à un créateur normand d’émerger sans « monter à Paris » ?

quand on regarde pourquoi un créateur « monte à Paris », il ne monte pas pour la ville. Il monte pour quatre choses : du matériel, du savoir-faire, un réseau et de la visibilité. Mon travail, c'est de reconstituer ces quatre choses ici.
Le matériel d'abord. Le studio et l'équipement sont accessibles gratuitement à mes créateurs, sur simple réservation. Le premier mur devant un créateur, ce n'est pas le talent, c'est le prix d'une caméra et d'un lieu correct. Ce mur, je le fais tomber.
Le savoir-faire ensuite. Je prends en charge ce qui épuise les créateurs et les fait abandonner : la stratégie, le marketing, le montage. Lui, il reste sur ce qu'il sait faire, créer. C'est là que mon expérience de formateur en marketing digital sert directement.
Le modèle économique, et c'est peut-être le levier le plus important. Personne ne me signe de chèque à l'avance. Je fonctionne en coproduction : je me rémunère sur les revenus générés, et ma part diminue à mesure que le créateur grandit. Donc il n'y a aucune barrière à l'entrée, et j'ai exactement le même intérêt que lui, qu'il perce.
Le réseau et la transmission enfin. J'ouvre mon carnet d'adresses local, je fais le pont avec les écoles, et j'ai mon propre média pour donner de la visibilité aux talents d'ici.
Parce qu'au fond, Paris ne vend pas du talent. Paris vend un écosystème. Et un écosystème, ça se construit. Rien n'oblige à le construire à Paris.

Vous êtes à la croisée de plusieurs mondes : production audiovisuelle, culture locale, économie créative et pédagogie. Qu’est-ce qui, selon vous, distingue spécifiquement les besoins et les contraintes des créateurs de contenu en région par rapport à ceux des grandes métropoles, et comment vous adaptez-vous à ces réalités ?

On me demande souvent d'où vient le nom, et la réponse dit tout de ma position. Résotto, c'est la contraction de Réseau et de Risotto. Le réseau, parce que le lien social est ce qui me caractérise le plus : je connais énormément de monde à Rouen, je sais ce qui fonctionne ici, j'ai les codes, les idées et le matériel. Le risotto, pour le côté bon vivant, parce que je suis de très près tout ce qui se passe dans cette ville, notamment du côté de la gastronomie. Production, culture locale, économie créative, pédagogie, je ne suis pas à la croisée de ces mondes par stratégie. C'est simplement ma vie. Et dans tous ces mondes, le rapport est le même : l'humain d'abord.
Justement, quand on parle des créateurs en région, on parle beaucoup de moyens. Le vrai écart n'est pas là.
Le premier écart, c'est la solitude. Un créateur normand n'a souvent personne autour de lui qui fait la même chose. À Paris, tu croises tes pairs en permanence, tu te compares, tu apprends par osmose. Ici, tu es souvent le seul de ton entourage à faire ça, et personne ne comprend vraiment ton métier.
Le deuxième, et c'est le plus lourd, c'est la légitimité. Le vrai frein est mental. Beaucoup se censurent avant même d'avoir essayé, parce qu'ils ont intégré qu'il fallait monter à Paris pour exister. Un créateur parisien, lui, ne se demande jamais s'il a le droit. C'est le blocage le plus destructeur et le moins visible.
Et si je suis convaincu que ce frein est le vrai sujet, c'est parce que je le vois naître. En tant que formateur, j'ai en face de moi des étudiants brillants qui ont déjà intégré, à vingt ans, que les choses sérieuses se passent ailleurs. Le plafond de verre n'apparaît pas le jour où on se lance. Il est posé bien avant, pendant les études. C'est aussi pour ça que je ne sépare pas l'école du studio.
Viennent ensuite les contraintes matérielles, plus banales mais bien réelles. À Paris, tu loues un studio et du matériel à deux stations de métro. Ici, il n'y a pas grand-chose. Et les décideurs, les marques, les labels, les agences, sont là-bas. Tu ne les croises pas par hasard au café.
Mais il y a un paradoxe que peu de gens voient. En région, tout est plus dur à démarrer, et tout est beaucoup plus facile à faire remarquer. À Paris tu as tout sous la main, mais tu es un parmi dix mille. Ici, tu es seul sur ta niche, les coûts sont bas, les liens sont vrais, et l'audience locale n'attend que ça. C'est un désavantage au départ et un avantage à l'arrivée. Encore faut-il tenir le départ.
Alors ma façon de m'adapter tient en une phrase : je commence par l'humain, pas par la caméra. Je cherche à comprendre ce que la personne aime vraiment, pour faire ressortir le meilleur d'elle-même, et je m'occupe du reste. Parce que le matériel et la technique, ce sont des problèmes qui se résolvent. La légitimité, ça se construit avec quelqu'un.

Pouvez-vous partager un exemple très concret d’accompagnement réussi : un projet ou un talent que Résotto Lab a contribué à faire émerger, et détailler ce qui, dans votre approche (cadre, outils, réseau, formation), a fait la différence dans son parcours ?

Si vous voulez un exemple concret, je vais remonter avant Résotto, parce que ça dit mieux mon métier que n'importe quel argumentaire. En 2014 et 2015, j'ai produit Last Train et Hoshi à Rouen. Avant les maisons de disques. Avant que qui que ce soit parie sur eux.
Je ne dis pas ça pour m'attribuer leur carrière, ils l'ont construite eux-mêmes et ils ne me doivent rien. Je le dis parce que c'est exactement le métier d'un incubateur : voir avant, et prendre le risque à la place de l'artiste, quand personne ne le prend encore. Repérer quelqu'un quand il n'a ni chiffres, ni label, ni preuve, et lui donner une scène. Ce que je faisais alors par passion et par instinct, je le fais aujourd'hui avec une structure, des outils et une méthode. Et le principe n'a pas bougé : je ne demande pas de chèque à mes créateurs, je me rémunère sur ce qu'on construit ensemble. Le risque est de mon côté, comme il y a dix ans.
Plus récemment, j'ai accompagné le projet de Layla Crone en vidéo. Et mes shootings photo convertissent, très concrètement, parce que je ne me contente pas d'appuyer sur le déclencheur : je travaille les choix artistiques et le choix des modèles. Un artiste ne vend pas une image, il vend une interprétation. C'est là-dessus que je passe mon temps.
Ce qui fait la différence dans mon approche, c'est que je connais cet écosystème de l'intérieur. Cinq ans à former des professionnels au marketing digital et au social media, ça vous apprend à ne pas appliquer des recettes mais à comprendre pourquoi elles fonctionnent. Je ne découvre pas la creator economy dans un article : je sais ce qui se joue entre une plateforme, une audience et une marque. Et surtout, je connais les algorithmes des réseaux sociaux. Pas au sens où j'aurais lu un thread dessus, mais au sens où je sais ce que chaque plateforme récompense réellement : la rétention sur les premières secondes, le temps de visionnage, les signaux qui décident qu'une vidéo sera poussée vers des gens qui ne vous connaissent pas. YouTube et TikTok ne jugent pas la même chose, et un créateur qui l'ignore va s'épuiser à produire du bon contenu que personne ne verra. C'est exactement ce qui manque à la plupart d'entre eux : ils ont le talent brut, mais personne ne leur a donné la carte du terrain. Quand une vidéo ne marche pas, ils croient à la malchance. Presque toujours, c'est lisible.
Résotto Lab est une structure jeune. Moi, je ne le suis pas dans ce métier. Dix ans à repérer des artistes avant l'industrie, cinq ans à former des professionnels au marketing digital et au social media, et une lecture fine de ce qui fait qu'un contenu existe ou non aujourd'hui. Ce que j'apporte à un créateur, ce n'est pas de la chance, c'est de la lecture de terrain. Et je ne pars pas de zéro : j'ai déjà des créateurs qui me font confiance. Si vous ne les connaissez pas encore, c'est normal, et c'est même tout le principe : on est en train de les faire grandir, avec un cadre. Un talent ne se révèle pas en trois semaines. Vous entendrez parler d'eux.

En tant que formateur en marketing digital et social media, comment faites-vous circuler la valeur entre école, territoire et Résotto Lab : en quoi cette double casquette nourrit-elle votre façon d’accompagner les créateurs locaux, et inversement, qu’est-ce que vos créateurs apportent à votre vision de la formation ?

Les deux casquettes ne sont pas un hasard de parcours, elles sont une nécessité. Dans le marketing digital et le social media, la théorie vieillit en quelques mois. Un formateur qui ne pratique pas enseigne des choses déjà mortes. Et un praticien qui n'enseigne jamais ne remet plus ses intuitions en question. Chacune des deux casquettes empêche l'autre de mentir.
Concrètement, ce que le studio apporte à l'école, c'est du réel. Ce que je transmets, ce n'est pas un cas d'école vieux de cinq ans, c'est ce que j'ai fait la semaine précédente, avec de vrais clients, de vrais créateurs, de vrais échecs. Quand je parle d'un algorithme, je parle d'une vidéo que j'ai vue partir ou mourir trois jours avant. C'est tout l'objet de Résotto Campus : mettre le studio et un fil rouge à disposition des écoles pour que les étudiants sortent sur de vraies créations, en conditions réelles, et pas sur des exercices notés. Un étudiant qui a produit quelque chose qui existe vraiment n'a plus le même rapport à son métier.
Et c'est là que le territoire entre en jeu, parce que c'est lui qui fait le lien. Les étudiants découvrent qu'il y a du travail, des marques et des créateurs ici, à portée de main. Et le territoire, lui, récupère des jeunes formés qui n'ont plus de raison automatique de partir. Je reviens à ce que je disais : le blocage de légitimité se construit à l'école. Le meilleur antidote que je connaisse, ce n'est pas un discours, c'est un étudiant de vingt-deux ans qui a produit une vraie chose à Rouen et qui l'a vue exister. Après ça, la phrase « il faut monter à Paris » ne veut plus dire grand-chose pour lui.
Ce que mes créateurs apportent en retour à ma vision de la formation, c'est peut-être le plus précieux, et c'est aussi le plus inconfortable. Ils me tiennent honnête. Ils me rappellent tous les jours que le terrain va plus vite que n'importe quel programme, et que les vraies questions ne sont jamais celles des manuels. Personne ne m'a jamais demandé un modèle théorique. On me demande pourquoi une vidéo n'a pas marché, comment tenir un rythme sans s'épuiser, comment dire non à une marque. Ils m'ont surtout appris que le blocage n'est presque jamais technique. Il est dans la confiance. Alors j'ai changé ma façon d'enseigner : je passe beaucoup moins de temps sur les outils et beaucoup plus sur le fait d'oser.
C'est ça, la circulation. L'école me donne la rigueur et le recul, le studio me donne le réel, le territoire donne le terrain, et les créateurs me disent quand je me trompe. Aucun des trois ne fonctionnerait seul.

Si l’on se projette à 5 ou 10 ans, comment imaginez-vous l’écosystème des créateurs de contenu en région : pensez-vous que des modèles comme Résotto Lab peuvent redessiner la carte de la création en France, avec plusieurs « hubs » locaux forts, et quels sont les prérequis pour que cela fonctionne vraiment ?

Oui, je le pense. Mais pas pour les raisons qu'on entend d'habitude.
Si Paris a concentré la création pendant cinquante ans, ce n'est pas par magie, c'est par rareté. Les studios étaient rares, le matériel coûtait une fortune, les décideurs tenaient dans trois arrondissements, et la diffusion appartenait à quelques chaînes. Dans ce monde-là, monter à Paris n'était pas un choix, c'était une obligation mécanique. Or cette rareté a disparu. Le matériel est démocratisé, l'audience n'est plus géographique, et une marque n'achète pas une adresse, elle achète une audience. Le fondement même de la centralisation s'est effondré, sauf dans les têtes.
Ce qui reste rare, en revanche, et c'est tout le sujet, c'est la structure. Le talent, lui, a toujours été partout, uniformément réparti. Ce qui n'est pas réparti, c'est l'endroit où il peut éclore. C'est pour ça que je crois aux hubs : ce ne sont pas eux qui vont créer le talent, ils vont simplement lui donner un endroit où exister. Eclipsia n'a pas fabriqué une génération de créateurs, il lui a donné une maison. On peut refaire ça à Rouen, à Nantes, à Lille.
Maintenant, les prérequis, et je vais être direct parce que c'est là que la plupart des projets échouent.
Il faut des lieux, pas des dispositifs. Un hub, c'est un endroit physique où des gens se croisent, se voient travailler, se tirent vers le haut. Ce n'est pas une ligne budgétaire ni un appel à projets. On ne décrète pas un écosystème dans un rapport.
Il faut des modèles économiques qui prennent le risque à la place du créateur. Tant qu'il faut payer d'avance pour être accompagné, seuls les créateurs déjà installés ou déjà aisés émergent, et on reproduit exactement l'entre-soi qu'on prétend combattre. La coproduction change qui a le droit d'essayer, et ce n'est pas un détail technique, c'est un choix politique.
Il faut relier les écoles au terrain, sinon on forme des jeunes très bien et on les regarde partir.
Il faut de la patience, y compris du côté des financeurs. Un talent ne se révèle pas sur un exercice budgétaire annuel.
Et il y a un piège dont personne ne parle. Si les hubs régionaux deviennent juste des sous-traitants moins chers pour des plateformes et des marques parisiennes, on n'aura rien décentralisé du tout, on aura délocalisé la subordination. Pour que la carte change vraiment, il faut que la valeur reste ici : la propriété des contenus, les revenus, et surtout la décision. Sinon c'est du folklore.
Dans dix ans, je ne pense pas que Paris aura décliné, et ce n'est pas le sujet. Je pense qu'il existera d'autres endroits. La carte ne se redessinera pas contre Paris, elle se redessinera le jour où on arrêtera de lui demander la permission.

Pour finir, quel message aimeriez-vous adresser à un ou une créatrice normande (ou d’une autre région) qui se dit encore : « si je ne vais pas à Paris, je n’y arriverai pas » ? Quels premiers pas très concrets lui conseilleriez-vous de faire, seul(e) puis éventuellement avec un accompagnement comme le vôtre ?

D'abord, je voudrais lui dire ce qu'est vraiment cette phrase. « Si je ne vais pas à Paris, je n'y arriverai pas », ce n'est pas une analyse. C'est une peur qui s'est déguisée en analyse. Et personne ne l'a jamais vérifiée. Le problème, c'est qu'elle est confortable : tant qu'on n'est pas monté, on n'a pas encore échoué. Cette phrase protège de l'essai. C'est pour ça qu'elle tient si bien.
Ensuite, une évidence qu'on oublie : votre audience ne sait pas où vous êtes. Personne n'a jamais demandé son code postal à un créateur avant de s'abonner. Les gens s'abonnent à une tête, à une voix, à un point de vue. Pas à une adresse.
Après, les premiers pas, seul, et je vais être très concret.
Publiez cette semaine. Pas quand ce sera prêt, parce que ce ne sera jamais prêt. Dix contenus moyens valent infiniment mieux qu'un seul parfait qui ne sort jamais. Votre talent n'est pas dans la première vidéo, il est dans la dixième.
Testez plein de choses, tout ce que vous aimez. On vous dira qu'il faut choisir une niche et s'y tenir. Je ne suis pas d'accord. Au début, vous ne savez pas encore ce que vous êtes, et vous ne le découvrirez qu'en essayant. Si vous vous enfermez trop tôt, vous passerez à côté de la chose que vous faites le mieux, celle que vous n'auriez jamais trouvée en suivant un plan.
Et surtout, lancez-vous par passion, pas pour l'argent. Ce n'est pas une jolie formule, c'est une observation. Ceux que j'ai vus émerger ont commencé à une époque où il n'y avait ni publicité, ni monétisation, ni sponsor. Le modèle était extrêmement risqué, il n'y avait littéralement rien à gagner. Ils y sont allés parce qu'ils aimaient ça, et c'est exactement pour ça qu'ils ont tenu assez longtemps pour que ça finisse par payer. Celui qui commence pour l'argent arrête au bout de trois mois. Parce que l'argent, lui, met beaucoup plus de trois mois à venir.
Au début, la régularité compte plus que la qualité. Le rythme vous apprend plus vite que la réflexion.
Regardez vos chiffres, sérieusement, mais pour comprendre, pas pour vous laisser dicter ce que vous faites. La rétention sur les premières secondes, le temps de visionnage : apprenez à lire pourquoi un contenu part ou ne part pas, au lieu de mettre ça sur le dos de la chance. Je connais les algorithmes, c'est mon métier, et pourtant ce n'est pas mon premier conseil. L'algorithme vous dira comment mieux faire ce que vous faites. Il ne vous dira jamais quoi faire.
Servez-vous de votre territoire comme d'un atout, pas d'une excuse. Vous avez ici des sujets, des visages, des lieux et des accès que personne n'a à Paris. Venir de quelque part, c'est du contenu, pas un handicap.
Et surtout, trouvez une seule personne qui fait à peu près la même chose que vous. Une. Le pire ennemi d'un créateur en région, ce n'est pas Paris, c'est la solitude.
Ensuite, un accompagnement comme le mien change trois choses : vous n'êtes plus seul, le matériel cesse d'être un mur, et quelqu'un vous dit pourquoi ça marche ou pas au lieu de vous laisser deviner. Mais je vais être clair, parce que ce serait malhonnête de laisser croire l'inverse : un accompagnement accélère quelqu'un qui avance déjà. Il ne démarre pas un moteur éteint. Ne m'attendez pas, ni moi ni personne, pour commencer.

Pour en savoir plus : https://resotto.fr

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